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le juif errant est arrivé

Il bouscula sa vie, rompit avec ses succès. Il entra en fièvre.

Le premier acte de sa nouvelle incarnation, il le demanda à son métier : il fit un livre.

Un livre ? Un texte de loi plutôt. Aux cinq livres de Moïse, il ajoutait le sien. Il ouvrait les paupières à son peuple et lui disait : « Regarde où tu en es après dix-neuf siècles de ta vie de roulier. » L’ayant mis en face de son état, il posa le problème du retour en Palestine et, comme sur un grand tableau noir visible du monde entier, devant les quatorze millions de Juifs attentifs et dispersés, il en tira la solution.

Ce livre s’appela : l’État Juif.

« Je n’avais encore jamais rien écrit dans un tel état d’exaltation, a-t-il dit. Heine raconte qu’il entendait sur sa tête le battement d’ailes d’un aigle lorsqu’il composait certains de ses vers. J’entendais au-dessus de moi quelque chose de semblable à un frémissement. »

Mais ce livre était tout et n’était rien. Herzl avait assis sa base ; il fallait, maintenant, dresser le monument.

Herzl partit en croisade. Il n’en est pas de plus étonnante dans les temps modernes. Il se précipita d’abord chez le baron Maurice de Hirsch. Quand