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LE CHEMIN DE BUENOS-AIRES

bien ainsi. Le jour où nos seigneurs auront compris cela, notre diplomatie aura fait un grand pas dans la science des relations internationales. Mais ce n’est pas la question.

Et l’Uruguay a des gestes gracieux à notre égard. Ainsi pour descendre sur ses terres le Français n’a pas besoin de visas.

De plus ses fonctionnaires ne sont pas aussi bêtes que les autres fonctionnaires du reste de l’Amérique — du Nord au Sud bien entendu. Aussi bêtes ou aussi fripouilles.

Ils ne viennent pas avec un coutelas afin de vous ouvrir le ventre pour voir si la longueur de votre appendice est bien conforme à la longueur de l’appendice réglementaire, faute de quoi vous ne sauriez fouler sans la ternir la terre délicate et désormais nationale où leurs grands-pères, pieds et mains sales, ont débarqué comme bouviers.

L’Uruguay offre un autre avantage ; c’est le Mihanovitch.

M. Mihanovich était Polonais. Il est venu jadis dans ces régions du Sud. Il a fait fortune et même il est mort. Cependant il a laissé des bateaux de rivière qui sont éclairés comme un casino et qui vont et viennent sans autre prétention sur le Rio de la Plata. Ils partent tous les soirs que fait le Créateur, à dix heures de Montevideo et de Buenos-Aires,