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LE CHEMIN DE BUENOS-AIRES

C’est Capharnaüm multiplié mille fois par Capharnaüm.

Elle est la première de l’Amérique du Sud. Cela est bien vrai.

Elle tient dans le cœur des Argentins la place que le soleil tient dans le ciel ! C’est la lumière.

En effet, que de lumières ! Les maisons sont festonnées d’ampoules électriques. Le jour on dirait qu’elles sont atteintes d’une éruption pustuleuse. C’est très joli. C’est argentin.

Ce qu’il y a de plus beau c’est l’effort. Ce qu’il y a d’injuste c’est le résultat. Cependant ce n’est pas si mal. Ses maisons sont plus jolies qu’à Paris. Sont-elles assez sales les maisons à Paris ! Mais ce ne sont pas toujours les maçons qui font les villes. Je crois plutôt que c’est le peuple qui les habite.

Par saint Albert mon patron, je n’ai jamais vu personne ni rire ni sourire, ni flâner, ni méditer, ni attendre, attendre quelque chose ou même n’attendre rien du tout dans les rues de Buenos-Aires. Les premiers jours je ne pouvais m’empêcher de retenir les passants par le pan de leur veston. Pas si vite ! leur disais-je, vous arriverez toujours assez tôt à la tombe ! Ils ne comprenaient pas et cela m’attirait des désagréments.

Ou bien, ils étaient assis à des terrasses devant un café con lèche. Ce n’est pas un café qu’on