Page:Longfellow - Évangéline (traduction Léon Pamphile LeMay), 1870.djvu/170

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ÉVANGÉLINE

Quand la brise s’élève avec le frais matin
Et chasse les brouillards jusque dans le lointain
Le voyageur assis sur le flancs des montagnes
Voit naître, sous ses pieds, de riantes campagne,
De longs ruisseaux d’argent franges de verts rameaux,
Des clochers orgueilleux et d’agrestes hameaux ;
Ainsi quand les brouillards s’enfuirent de son âme,
Bien loin, au-dessous d’elle, en des sentiers de flamme,
Elle vit graviter le monde étincelant :
Et les sentiers ardus que d’un pas chancelant
Elle avait remontés avec tant de constance
Semblaient courts maintenant, et brillaient à distance.


Cependant Gabriel n’était pas délaissé :
La vierge, dans son cœur sous le deuil affaissé,
Gardait fidèlement son image bénie,
Palpitante d’amour, charmante, rajeunie,