Page:Longfellow - Évangéline (traduction Léon Pamphile LeMay), 1870.djvu/171

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
177
ÉVANGÉLINE

Comme en ce jour heureux où, la dernière fois,
Assise à ses côtés, elle entendit sa voix !
Les ans n’avaient point pu changer cette figure
Quelle vit autrefois si placide et si pure !
Pour elle son amant n’avait jamais vieilli :
L’absence et le malheur l’avaient même embelli ;
Il était comme mort, mort à la fleur de l’âge,
Dans toute sa beauté, sa force et son courage.


En son exil lointain, sous un ciel étranger,
La vierge gémissante apprit à partager
L’angoisse du chagrin, les pleurs de l’indigence.
Elle apprit la douceur, l’amour, la patience.
Elle épanchait sur tous sa douce charité
Qui ne perdait jamais de son intensité ;
Comme ces belles fleurs dont les brillants calices,
Sans perdre de parfums, ni rien de leurs délices,