Page:Longfellow - Évangéline (traduction Léon Pamphile LeMay), 1870.djvu/7

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AU LECTEUR

Henri IV. Dans les campagnes qui bordent le St. Laurent, comme sur les rivages de l’ancienne Acadie où sont restés les descendants des fils de la France, le voyageur retrouve le même attachement à la foi catholique, attachement que les persécutions les plus cruelles n’ont pu ébranler, la même urbanité, le même amour de la nationalité, amour sublime qui réunit toutes les amours et prête à un peuple quelque faible qu’il soit, une énergie et une vigueur qui tiennent du prodige.

Il est étonnant de retrouver encore des villages, des comtés même tout peuplés d’Acadiens, dans cette Acadie où la cruelle Albion a promené la torche incendiaire et le fer meurtrier de ses soldats inhumains.

C’était le 5 septembre 1755, l’Acadie se mirait dans les flots de l’Atlantique et du Bassin des Mines, riche, paisible et souriante comme une fiancée ; tout-à-coup, l’Angleterre jalouse de la prospérité des colons fran-