Page:Longfellow - Évangéline (traduction Léon Pamphile LeMay), 1870.djvu/6

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
7
AU LECTEUR

antipathie pour tout ce qui n’est pas français, pour savoir que le barde sauvage des bords lointains du St. Laurent n’aurait pas, un seul instant, suspendu la foule parisienne aux accords de son luth.

J’aurais été flatté tout de même de voir la Patrie de mes Pères se tourner vers cette rive Canadienne où un million de ses enfants conservent encore sa foi, sa langue et ses coutumes, et lui donner un sourire de reconnaissance.

Si mon livre a du mérite, ce mérite est dû à mon amour de cette langue, de cette foi, de ces coutumes que la France nous a léguées, seul héritage que nul n’a pu nous ravir ! Il est dû aussi à l’intérêt que je porte à l’Acadie, cette sœur du Canada si indignement traitée par ses vainqueurs.

Les Acadiens comme les Canadiens ont conservé le culte du souvenir. Les uns et les autres sont encore ce qu’étaient leurs aieux sous le règne du bon roi