Page:Longin - Voyage a la Guadeloupe, 1848.djvu/185

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Un canal en pierre, occupant le milieu, le traverse dans toute sa longueur. À l’une des extrémités, et en dehors du bâtiment, est une vaste cucurbite surmontée d’un chapiteau et sous laquelle est un fourneau. Au chapiteau s’ajuste un très-gros serpentin qui plonge dans un bassin en pierre où l’on fait arriver l’eau à volonté, et par le fond duquel paraît l’extrémité inférieure du serpentin.

D’après ces détails, on concevra facilement tout ce que je vais dire sur la fabrication du sucre. Comme la canne, une fois coupée, ne se garde pas, que la fermentation la fait surir, tout doit marcher à la fois. Quand donc les divers appareils sont en bon état, et que d’ailleurs le temps est arrivé, on distribue aux esclaves des coutelas ; le lendemain, dès la pointe du jour, nègres, négresses, bœufs, mulets, tout est en campagne. On allume le fourneau de la sucrerie ; on entretient un grand feu avec des bagasses (je dirai plus loin ce qu’on appelle ainsi) ; on se transporte à la pièce qu’on va couper. Chacun a son rôle ; les uns coupent les cannes ; les autres les dépouillent de leurs feuilles, qui servent pour le fourrage des bestiaux ou pour couvrir les cases des nègres. Ceux-ci en coupent le sommet d’un pied de longueur, et le mettent à part pour former un nouveau plant ;