Aller au contenu

Page:Loti - Pêcheur d Islande.djvu/71

La bibliothèque libre.
Cette page a été validée par deux contributeurs.

— C’est pourtant bien avec celui-là que tu devrais te marier, Gaud, disait-il, si ton père le permettait, car tu n’en trouverais pas dans le pays un autre qui le vaille. D’abord je te dirai qu’il est très sage, sans en avoir l’air ; c’est fort rare quand il se grise. Il fait bien un peu son têtu quelquefois, mais dans le fond il est tout à fait doux. Non, tu ne peux pas savoir comme il est bon. Et un marin ! à chaque saison de pêche les capitaines se disputent pour l’avoir…

La permission de son père, elle était bien sûre de l’obtenir, car jamais elle n’avait été contrariée dans ses volontés. Cela lui était donc bien égal qu’il ne fût pas riche. D’abord, un marin comme ça, il suffirait d’un peu d’argent d’avance pour lui faire suivre six mois les cours de cabotage, et il deviendrait un capitaine à qui tous les armateurs voudraient confier des navires.

Cela lui était égal aussi qu’il fût un peu un géant ; être trop fort, ça peut devenir un défaut chez une femme, mais pour un homme cela ne nuit pas du tout à la beauté.

Par ailleurs elle s’était informée, sans en avoir l’air, auprès des filles du pays qui savaient toutes