Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 10.djvu/169

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LES RACES


Les maîtres du roman latin sont nés, l’un à Marseille : Pétrone ; l’autre sous le soleil de l’Algérie future : Apulée. Sénèque et Lucain viennent au monde en Espagne ; Méléagre et Lucien, en Asie ; Ausone, à Bordeaux. Les quatre évangélistes juifs écrivent en grec.

Le créateur de la prose italienne est fils naturel d’une femme bien française : une blanchisseuse de Montrouge. C’est Boccace. Toute notre poésie du XIXe siècle a pour maître un jeune homme né à Constantinople, d’une mère grecque : André Chénier. Les deux Dumas sont mulâtres, Edgar Poe, d’origine française, est Américain, Kipling…

Noter qu’au pouvoir, ces mélanges de races ne donnent rien de bon. La suite de nos souverains est lamentable. On distingue : Charlemagne, fils d’un Franc et d’une Franque ; Henri IV, fils d’un Français et d’une Française ; Napoléon, fils d’un Italien et d’une Italienne. Auprès d’eux, les rois de sang mêlé, Charles VII, Henri III, Louis XIII, Louis XVI sont peu de chose, et l’on ne peut guère tirer argument de Louis XIV, dont la naissance, après 22 ans de mariage stérile, est un respectable mystère.