Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/155

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




LA DISPUTE


Ah ! par l’Aphrodita, te voilà ! tête de sang ! pourriture ! empuse ! stérile ! carcan ! gauchère ! digne de rien ! mauvaise truie ! N’essaie pas de me fuir, mais approche et plus près encore.


Voyez-moi cette femme de matelots, qui ne sait pas même plisser son vêtement sur l’épaule et qui met de si mauvais fard que le noir de ses sourcils coule sur sa joue en ruisseaux d’encre !


Tu es Phoïnikienne : couche avec ceux de ta race. Pour moi, mon père était Hellène : j’ai droit sur tous ceux qui portent le pétase. Et même sur les autres, s’il me plaît ainsi.


Ne t’arrête plus dans ma rue, ou je t’enverrai dans l’Hadès faire l’amour avec Karôn, et je dirai très justement : « Que la terre te soit légère ! » pour que les chiens puissent te déterrer.