Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/100

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document m’appartenait. On voulut l’envelopper ; je n’y consentis pas, et dans la voiture qui me ramenait je commençai de l’examiner.


Mon acquisition était une sorte de registre couvert d’un papier à fleurs. À la première page, Mlle Gobseck, ou plutôt son homonyme, avait aquarellé d’une main timide et sage deux bouquets de roses liés par un ruban d’azur. Une hirondelle et un papillon, qui se trouvaient être de la même taille, volaient au-dessus de la composition, et vers le milieu de la feuille se lisait cette calligraphie :


IIe CAHIER DE MON JOURNAL

Commencé le 5 mars 1836 Anniversaire !)
Terminé le…


Le catalogue avait dit vrai. Mlle Gobseck parlait de Fichte ; sinon : pour l’avoir connu (puisque le grand Johann-Gottlieb était mort depuis 1814) au moins pour avoir eu l’honneur d’entendre parler son fils Hermann, pendant un séjour en Prusse.

De même l’annonce avait dûment traité de philosophe cette Néerlandaise.

La philosophie et Mlle Gobseck étaient inséparables ; mais, au cours de cette sympathie, entre une abstraction, et une réalité, la première ne donnait guère, encore que la seconde crût recevoir beaucoup. Le zèle de Mlle Gobseck à évoluer de la