Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/155

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C’était une sensation que je ne connaissais point. J’attendais, non pas au hasard, mais avec une absolue exactitude de prévision, l’événement prédit par le fou.

Je ne puis mieux comparer l’état d’esprit où je me trouvais qu’à celui d’un passant qui, ayant vu l’éclair et connaissant la distance de l’orage, attend le tonnerre céleste à une seconde déterminée.

Le temps qui me séparait du prodige diminua d’abord d’un quart, puis de moitié, puis des trois quarts et à l’instant précis où j’en voyais la fin, une bouffée de parfums traîna jusqu’à nous l’écho languissant d’une… Voix…


Octobre 1896.