Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/16

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Ce fut là qu’il posa les fleurs avant de s’en retourner avec calme par la même voie périlleuse.



Marie-Anne s’éveilla vaguement. Un bruit léger, qu’elle confondit d’abord avec son rêve, l’inquiéta. Quelqu’un était-il entré dans sa chambre ?

Elle sauta du lit.

La chambre était vide.

La porte était close au verrou.

Soudain, en retournant vers sa couche, elle aperçut, toutes blanches, sur l’appui de la croisée ouverte, les trois roses dans le clair de lune.

Et comme personne n’avait franchi la porte, comme personne n’avait pu s’élever sans ailes, jusqu’à la fenêtre… Marie-Anne tomba sur les deux genoux.

Ces roses, c’était la Vierge qui les lui donnait.

Elle cria deux fois :

« Notre-Dame !… Notre-Dame !… »

Tout s’éclaira autour d’elle dans un éblouissement religieux. Elle se sentit émue comme une autre Marie à l’instant de l’Annonciation. Quelque chose d’archangélique flotta dans les clartés de la nuit.

Un Ave Maria chanta sur ses lèvres, et c’était le plus ardent qu’elle eût jamais prononcé. La prière, que chaque jour elle récitait tout bas sur les