Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/201

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LE CAPITAINE AUX GUIDES


Le vieux professeur Chartelot se redressa de toute sa haute taille comme s’il allait prédire la vie ou la mort d’un malade ; il tira sa montre et, la considérant avec ses yeux de presbyte :

— J’ai le temps de vous raconter cela, dit-il, mais ne me laissez pas manquer mon train. Je dois parler demain à l’Académie.


Nous l’entourions dans un coin de parc devant une maison de campagne où nos amis l’avaient appelé en consultation. Un diagnostic très rassurant nous laissait l’esprit assez libre pour apprécier le talent du causeur après avoir admiré la perspicacité du savant, et nous l’écoutions avec un vif sentiment de l’honneur qu’il nous faisait en nous racontant ses souvenirs.