Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/21

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.












L’HOMME DE POURPRE

I


Dans les jardins verts de la blanche Éphèse, nous étions deux jeunes apprentis avec le vieillard Bryaxis.

Lui, venait de s’asseoir dans un siège de pierre aussi pâle que son visage. Il ne parlait point. Il grattait la terre du bout de son bâton usé.

Nous, par respect pour son grand âge et pour sa grande gloire plus vénérable encore, nous nous tenions debout en face de sa personne, adossés à deux cyprès noirs et n’osant ouvrir la bouche alors qu’il ne disait rien.

Immobiles, nous le considérions avec une sorte de piété dont il semblait avoir conscience. Nous lui savions gré de survivre à tous ceux que nous aurions voulu connaître ; nous l’aimions de se