Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/219

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LA ROSE SURNATURELLE


C’est un vieux conte. Il est d’Allemagne, il est de France, il est d’Arabie aussi. Voici ma façon de l’entendre. Vous en penserez ce qu’il vous plaira.

Un paysan, dans un petit village, s’habillait un dimanche pour aller à la foire. Lorsqu’il eut mis son chapeau neuf et sa blouse des jours de fête, il fut dire à ses deux filles qu’il partait pour la grand’ville. Que fallait-il leur rapporter ?

La première, qui était coquette et qui n’avait pas sujet de l’être, demanda une robe de soie. La cadette n’ayant pas besoin d’atours, parce qu’elle était plus jolie que son aînée, pria simplement son père de cueillir pour elle une rose, seul présent dont elle eût envie.

Le père acheta la robe de soie ; mais sur toute la place du marché il ne put trouver la rose. Les fleurs des environs avaient été cueillies pour la fête