Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/41

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encore brune, courte et roulée en boucles rondes aussi expressives que ses traits. Les fortes attaches de son cou formaient une sorte de piédestal qui donnait, par un singulier rapport, une autorité plus grande à l’intelligence de ses yeux.

Parrhasios l’interpella :

— Comment t’appelles-tu ?

— Outis.

— Je ne te demande pas de littérature, mon brave, mais le nom que tu as reçu de ton père, et tu me répondras, je pense ?

— Depuis un mois je m’appelle Outis. Si j’ai porté un nom ancien, il ne me plaît pas de te dire lequel.

— Pourquoi ?

— Ni de te dire pourquoi, fils de chien.

Parrhasios, hors de lui-même, devint plus rouge que son manteau. Le vendeur, tout alarmé, avança des bras suppliants.

— Ne l’écoute pas, seigneur, il parle comme un insensé. Et c’est pure malice de sa part, car il a plus de cervelle que moi. Il est médecin. Pour la science comme pour l’habileté, il n’avait pas son pareil dans Olynthe. Je te dis là ce que tout le monde répète, car il était célèbre jusqu’en Macédoine. On m’a dit que depuis trente ans il a guéri plus d’Olynthiens que nous n’avons pu en tuer le jour où nous avons pris la ville. Ce sera un esclave précieux dès que tu l’auras mis à la chaîne et qu’il aura senti le