Page:Louÿs - Le Crépuscule des nymphes, 1925.djvu/126

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l’air et enchanter la brise attiédie.

Soudain, la biche s’arrêta. Elle coula sa jeune tête entre deux jeunes arbres où apparut en même temps le profil cornu d’un cerf, et comme si elle avait atteint le but qu’elle se proposait, elle se coucha, les pattes sous le ventre, et posa le menton sur l’herbe.

« Caunos ! »

Byblis appelait.

« Caunos, où es-tu ? »

Pour toute réponse, le cerf fit deux pas vers elle et la menaça de ses terribles cornes qui se tordaient comme dix serpents bruns. Et Byblis comprit alors que cette biche avait été, comme elle, à la rencontre de son amant, et qu’il est peut-être inutile de compter sur les bons offices de ceux qu’une passion intime absorbe déjà tout entiers.