Page:Louÿs - Le Crépuscule des nymphes, 1925.djvu/133

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nom sacré de sa mère n’était plus connu là où elle passait, et les nymphes indifférentes ne savaient pas ce qu’elle voulait dire.

Elle voulut retourner sur ses pas, mais elle-même s’était perdue. De toute part, une colonnade confuse de pins énormes l’entourait. Il n’y avait plus de sentiers. Il n’y avait pas d’horizon. Elle courut dans tous les sens. Elle appela désespérément.

Il n’y avait même plus d’écho.

Alors, comme ses paupières lasses se fermaient d’instant en instant, elle se coucha sur la terre, et un songe qui passait lui dit d’une voix lente :

« Tu ne le reverras plus, ton frère, tu ne le reverras plus ».

Elle s’éveilla en sursaut.

Ses mains s’étendirent, sa bouche s’ouvrit, mais avec une telle angoisse