Page:Louÿs - Le Crépuscule des nymphes, 1925.djvu/145

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fabuleux, Rhéa, jeune fille sans détours, pour qui les mots n’avaient pas de sens profond, crut exprimer le désir de toutes en demandant à Thrasès « un conte sur le bonheur ».

« Oui, oui », s’écria Lampito.

Mais Amaryllis s’élança :

« Non ! oh non ! pas cela, surtout ! Il ne faut pas parler du bonheur. Celui qui parle de sa joie l’abandonne mot par mot. Celui qui parle de la joie des autres augmente son propre chagrin. C’est un conte sur le malheur, que je vous conterai aujourd’hui. Le malheur ne sème que la pitié, qui est douce et bienfaisante. Dans le malheur de Danaë chacune de vous reconnaîtra le sien, et vous vous sentirez heureuses au souvenir des chagrins perdus ».

Tous, sans répondre, firent cercle autour d’elle, et elle continua ainsi :