Page:Louÿs - Le Crépuscule des nymphes, 1925.djvu/149

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« Je suis Danaë, fille d’Akrisios, qui est roi sur la terre d’Argos. Ma mère est la sage Eurydiké, et je n’ai pas de frère aux flèches ailées, et je n’ai pas de sœurs aux boucles de violettes.

» Je me souviens d’avoir joué, quand j’étais une petite fille, sur les bords de l’Inakhos, où l’on dit qu’Artémis se baigne, et dans les forêts de l’Artémision, où elle chasse les biches blondes. J’avais des amies, j’avais des esclaves ; quand je passais dans les rues, les femmes tendaient les mains vers moi. Puis, tout à coup, on m’a enfermée, et je n’ai plus revu ni l’eau ni la terre.

» On m’a enfermée dans une tour d’airain, si haute que le bruit même des fêtes de Bakkhos n’arrivait plus jusqu’à moi. Et le plafond de ma chambre était fait de barres d’airain entre lesquelles je voyais le ciel.