Page:Louÿs - Le Crépuscule des nymphes, 1925.djvu/15

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quelque part, on n’écoute plus les voix fabuleuses parce que l’esprit fugitif se fixe et se parle à lui-même avec ravissement.

Chacune des femmes étendues avait déjà un compagnon secret dont elle créait le charme à l’image réelle de son désir enfantin. Pourtant, elles ouvrirent toutes les yeux dans l’obscurité quand le grave Mélandryon dit ces premières paroles :

« Je vous conterai l’histoire du Cygne et de la petite nymphe qui vivait sur les bords du fleuve Eurotas. C’est à la louange des bienheureuses ténèbres ».

Il se releva, mais à demi, et s’appuya d’une main dans l’herbe, et voici comment il parla :