Page:Louÿs - Le Crépuscule des nymphes, 1925.djvu/165

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


rester fidèle au souvenir de l’Or, elle avait refusé même la main du roi ; elle ne parlait à personne, si ce n’est à sa vieille nourrice, qui d’Argos était venue la rejoindre, et ne la quittait plus.

L’enfant grandissait. Douze années s’écoulèrent. On lui avait donné un arc et des flèches et une petite épée tranchante. Aussi passait-il déjà toutes ses journées à la chasse, seul, et parfois égaré dans la vaste forêt peuplée de bêtes, quelques-unes divines. Il faisait dans ces halliers sombres des tueries miraculeuses.

Un soir, il revint en courant, trempé de sueur et taché de sang ; deux pieds de bouc sortaient de son carquois. Et dès qu’il eut aperçu Danaë, il cria :

« Bonne chasse, mère ! J’ai couru tout le jour dans les bois à la poursuite de ce petit satyre insolent qui s’était