Page:Louÿs - Le Crépuscule des nymphes, 1925.djvu/45

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attirées par la nuit, elles se serrèrent l’une à l’autre, comme les pauvres petites âmes des morts se pressent devant la porte de l’Hadès, et font effort pour n’entrer pas.

La voix de Thrasès les tira de leur terreur engourdie :

« Assurément, disait-il, ceci est une des entrées du Tartare ; mais il n’y a pas lieu d’être effrayées ; nulle de vous ne regardera les torches noires de Perséphone avant le jour fixé par les Kérès. D’ailleurs, c’est un jour bienheureux qu’il faut accueillir dans la joie…

— Je ne veux pas mourir, dit Rhéa.

— O Thrasès, que veux-tu dire, demanda la sage Amaryllis. Car la mort me trouble moi aussi, et je ne songe pas au tombeau avec une âme indifférente ».