Page:Louÿs - Le Crépuscule des nymphes, 1925.djvu/65

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Et c’est pourquoi tu te trompais. Mais aujourd’hui tu es dans la vraie route, sur le Chemin de la Paix Eternelle.

— O Roi Dionysos, quelle est donc cette paix ?

— Ne la sens-tu pas ?

— Il est vrai. Je ne suis plus Ariane. Je ne sens plus les pierres ni les feuilles sous mes pieds autrefois meurtris. Je ne sens même plus la fraîcheur de l’air. Je sens ta main.

— Cependant, je ne te touche pas…

— Où me mènes-tu, dieu adoré ?

— Tu ne verras plus jamais le soleil trop éclatant ni la nuit trop ténébreuse. Tu ne sentiras plus la faim ni la soif, ni l’amour, ni la fatigue. Et le pire des maux, la crainte de la mort, Ariane, tu en est délivrée, car en vérité tu es déjà morte. Et vois, quelle félicité !

— Oh ! eussé-je pensé qu’on pût