Page:Louis Napoléon Bonaparte - Histoire de Jules César, tome 1, Plon 1865.djvu/147

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fête coûtait à Philadelphe 2 240 talents (plus de 13 millions)[1]. Les sommes accumulées dans le trésor montaient au chiffre, peut-être exagéré, de 740 000 talents (environ 4 milliards 300 millions de francs)[2]. En 527, Ptolémée Évergète put, sans trop amoindrir ses ressources, envoyer aux Rhodiens 3 300 talents d’argent, 1 000 talents de cuivre et dix millions de mesures de blé[3]. Les métaux précieux abondaient dans l’empire des Pharaons, comme l’attestent les traces d’une exploitation aujourd’hui épuisée et la foule d’objets en or renfermés dans les tombeaux. Pendant quelque temps maîtres du Liban, les rois d’Égypte en tiraient des bois de construction.

Ces richesses s’étaient surtout accumulées à Alexandrie, qui devint, après Carthage, vers le commencement du viie siècle de Rome, la première ville commerçante du monde[4]. Elle avait 15 milles de circonférence, trois ports spacieux et commodes, qui permettaient aux plus gros navires de venir mouiller à quai[5]. Là arrivaient les marchandises de l’Inde, de l’Arabie, de l’Éthiopie, de la côte

  1. Athénée, V, p. 203.
  2. Appien, Préface, § 10. — On peut néanmoins juger par les données suivantes de l’énormité des sommes accumulées dans les trésors des rois de Perse. Cyrus avait gagné, par la conquête de l’Asie, 34 000 livres d’or monnayé et 500 000 d’argent. (Pline, XXXIII, xv.) Sous Darius, fils d’Hystaspès, 7 600 talents babyloniens d’argent (le talent babylonien = 7 426 francs) étaient versés annuellement au fisc royal, plus 140 talents, affectés à l’entretien de la cavalerie sicilienne, et 360 talents d’or (4 680 talents d’argent) payés par les Indes. (Hérodote, III, xciv.) Ce roi avait donc un revenu annuel de 14 560 talents (108 millions de francs). Darius emmenait avec lui en campagne deux cents chameaux chargés d’or et d’objets précieux. (Démosthène, Sur les symmories, p. 185 ; xv, p. 622, éd. Müller.) Aussi, d’après Strabon, Alexandre le Grand trouva-t-il dans les quatre grands trésors de ce roi (à Suse, Persis, Pasargades et Persépolis) 180 000 talents (environ 1 337 millions de francs).
  3. Polybe, V, lxxxix.
  4. Strabon, XVII, i, 678.
  5. Strabon, XVII, i, 672, 673.