Page:Louis Napoléon Bonaparte - Histoire de Jules César, tome 1, Plon 1865.djvu/360

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la calmer, Caton jugea nécessaire de proposer au sénat un décret ordonnant des distributions de blé aux pauvres ; ce qui greva le trésor de plus de 1 250 talents par an (7 276 250 francs)[1].

On se hâta de déclarer l’accusation calomnieuse ; Curius se vit privé de la récompense promise ; Vettius, conduit en prison, faillit être mis en pièces devant les rostres[2]. Le questeur Novius fut également arrêté pour avoir permis qu’on accusât devant son tribunal un préteur, dont l’autorité était supérieure à la sienne[3].

Non content de se concilier la faveur populaire, César s’attirait la bienveillance des premières dames romaines ; et, malgré sa passion prononcée pour les femmes, il est impossible de ne pas apercevoir dans le choix de ses maîtresses un but politique, puisque toutes tenaient par différents liens à des hommes qui jouaient ou furent appelés à jouer un rôle important. Il avait eu des relations intimes avec Tertulla, femme de Crassus ; Mucia, femme de Pompée ; Lollia, fille d’Aulus Gabinius, qui fut consul en 696 ; Postumia, femme de Servius Sulpicius, élevé au consulat en 703, et attiré dans le parti de César par l’influence de celle-ci ; mais la femme qu’il préféra fut Servilie, sœur de Caton et mère de Brutus, à laquelle il donna, pendant son premier consulat, une perle évaluée six millions de sesterces (1 140 000 francs)[4] ; cette liaison rend peu probables les bruits qui coururent, que Servilie favorisait une intrigue amoureuse entre lui et sa fille Tertia[5]. Est-ce par l’entremise de Tertulla que Crassus se réconcilia avec César, ou bien y était-il porté par les injustices du sénat et par sa

  1. Plutarque, César, ix.
  2. Suétone, César, xvii.
  3. Suétone, César, xvii.
  4. Suétone, César, l.
  5. Suétone, César, l.