Page:Louis Napoléon Bonaparte - Histoire de Jules César, tome 1, Plon 1865.djvu/375

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Effrayées de cet exemple et craignant le même sort, les peuplades voisines transportèrent au delà du Durius (Douro) leurs familles et tout ce qu’elles avaient de plus précieux. Le général romain s’empressa de profiter de l’occasion, pénétra, dans la vallée du Mondego pour s’emparer des villes abandonnées, et se mit à la poursuite des fuyards. Ceux-ci, près d’être atteints, se retournèrent et résolurent d’accepter la bataille en poussant devant eux leurs troupeaux, dans l’espoir que, par cette ruse, les Romains, occupés à s’emparer du butin, se débanderaient et seraient plus faciles à vaincre ; mais César n’était pas homme à se laisser prendre à ce piège grossier : il négligea les troupeaux, alla droit à l’ennemi et le dispersa. Pendant qu’il était occupé à combattre dans le nord de la Lusitanie, il apprit que, sur ses derrières, les habitants du mont Herminium s’étaient révoltés de nouveau pour lui fermer la route par laquelle il était venu. Il en prit alors une autre ; mais ceux-ci tentèrent encore de lui barrer le passage en se plaçant dans le pays situé entre la Serra Albardos[1] et la mer ; vaincus, et leur retraite coupée, ils furent forcés de s’enfuir vers l’Océan, et se réfugièrent dans une île appelée aujourd’hui Peniche de Cima (voyez planche IV), laquelle, n’étant plus complètement détachée du continent, est devenue une presqu’île. Elle est située à environ vingt-cinq lieues au nord de Lisbonne[2]. César n’avait pas de barques ; il fit

  1. Probablement dans la province actuelle de Leyria.
  2. D’après une reconnaissance faite, en août 1861, par le duc de Bellune, il n’y a aucun doute que la presqu’île de Peniche n’ait jadis formé une île. Suivant la tradition des gens du pays, l’Océan allait, dans les temps anciens, jusqu’à la ville d’Atoguia ; mais, puisque Dion-Cassius parle de la marée montante qui aurait englouti des soldats, il faut croire qu’il existait quelques gués à marée basse. Nous donnons ici les extraits de divers auteurs portugais qui ont écrit à ce sujet.

    Bernard de Brito (Monarchie portugaise, t. I, p. 429, Lisbonne, 1790) s’exprime ainsi : « Comme sur toute la côte du Portugal nous ne voyons pas,