Page:Louis Napoléon Bonaparte - Histoire de Jules César, tome 2, Plon 1865.djvu/288

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D’après ces renseignements, César envoie dans cette direction, vers le milieu de la nuit, plusieurs détachements de cavalerie, avec ordre de battre, à grand bruit, au pied des hauteurs de Risolles, le pays dans tous les sens. Dès le point du jour, il fait sortir du camp principal beaucoup de chevaux et de mulets déchargés de leurs bâts, et les fait monter par des muletiers, qui prennent des casques pour se donner l’apparence de cavaliers. Il leur recommande de contourner les collines, et quelques cavaliers qui leur sont adjoints ont l’ordre de se répandre au loin pour augmenter l’illusion. Enfin ils doivent tous, par un long circuit, tendre vers les lieux indiqués. Ces mouvements étaient aperçus de la ville, d’où la vue plongeait sur le camp, mais à une trop grande distance pour distinguer exactement les objets. César dirige vers le même massif une légion qui, après s’être un peu avancée, s’arrête dans un fond et affecte de se cacher dans les bois (du côté de Chanonat) pour simuler une surprise. Les soupçons des Gaulois redoublent ; ils portent toutes leurs forces sur l’endroit menacé. César, voyant les camps

    attaque se fût faite à l’est et au nord de Gergovia, à deux lieues du camp ? En passant par le sud, c’est-à-dire par le défilé d’Opme, la légion était toujours en communication avec les camps, sur lesquels elle pouvait se replier, et le terrain coupé et boisé empêchait les Gaulois de connaître exactement l’importance de l’attaque. D’ailleurs, deux faits qui ressortent des Commentaires prouvent que les Gaulois n’étaient pas très-éloignés de l’oppidum. César voit le front du sud abandonné, et il établit ses légions à 1 200 pas de la place. Les soldats gravissent les hauteurs au pas de course ; mais à peine sont-ils arrivés à l’enceinte principale, que les Gaulois, qui entendent les cris des femmes et du petit nombre de défenseurs restés dans la place (primo exaudito clamore), ont le temps d’accourir et de repousser les Romains. Les Gaulois étaient donc à une distance d’où les cris pouvaient être entendus, et cette distance peut se mesurer par le temps que les colonnes d’assaut ont dû employer pour franchir en montant l’espace de 1 200 pas, puisqu’ils arrivèrent presque simultanément. Nous croyons qu’ils étaient à moins de 2 kilomètres de la porte O de la ville, occupés à fortifier le plateau des hauteurs de Risolles.