Page:Louis Napoléon Bonaparte - Histoire de Jules César, tome 2, Plon 1865.djvu/289

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ennemis dégarnis, fait couvrir les insignes militaires (plumet, boucliers, etc.), baisser les étendards et passer ses troupes par petits détachements du grand camp au petit, derrière l’épaulement du double fossé de communication, de manière qu’elles ne puissent être aperçues de l’oppidum[1] ; il instruit de ses intentions les lieutenants placés à la tête des légions, leur recommande de veiller à ce que le soldat ne se laisse pas emporter par l’ardeur du combat ou l’espoir du butin, attire leur attention sur les difficultés du terrain : « la célérité, dit-il, peut seule permettre de les surmonter ; enfin il s’agit d’un coup de main et non d’un combat. » Ces dispositions prescrites, il donne le signal, et fait en même temps partir les Éduens du grand camp avec ordre de gravir les pentes orientales de la montagne de Gergovia pour opérer une diversion sur la droite. (Voir planche 21.)

La distance du mur de l’oppidum au pied de la montagne, où le terrain est presque plat, était de douze cents pas (1 780 mètres) suivant la ligne la plus directe ; mais le trajet devenait plus long à cause des détours qu’on était obligé de faire pour adoucir la montée[2]. Vers le milieu du versant méridional, et dans le sens de sa longueur, les Gaulois, profitant des accidents du terrain, avaient, ainsi que nous l’avons dit, élevé un mur en grosses pierres, haut de six pieds, obstacle sérieux en cas d’attaque. La partie inférieure des pentes était restée libre ; mais la partie supérieure, jusqu’au mur de l’oppidum, était occupée par des camps très-resserrés. Au signal donné, les Romains atteignent rapide-

  1. D’après Polyen (VIII, xxiii, 9), les soldats marchent tête baissée pour ne pas être vus.
  2. Il y a en effet 1 780 mètres depuis le pied de la montagne où César dut rassembler ses troupes, entre la Roche-Blanche et le Puy de Marmant, jusqu’à la porte O de l’oppidum. C’est la ligne qui passe par le ravin où se trouve le village de Merdogne ; à gauche et à droite le terrain est trop accidenté pour pouvoir être escaladé par des troupes.