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commentaires sur la grammaire esperanto

des métaux, — L’obstina infano. L’enfant obstiné. — Mais ce n’est nullement obligatoire, et l'on peut dire très régulièrement : la amiko, la oro, la argento, la obstina infano.

L’article n’est pas indispensable à une langue ; le latin dans l’antiquité et les langues slaves actuellement le prouvent à l’évidence. Mais, s’il ne lui est pas indispensable, l’article est extrêmement utile à un idiome, car il lui apporte plus de clarté, de précision, de souplesse et souvent d’élégance. Ceci compense amplement ce qu’il peut lui enlever parfois en force et en concision. Dans le latin et dans les langues qui n’ont pas l'article, l’emploi des noms offre, en certains cas, un sens vague et indécis. C’est ainsi que l’expression palatium regis peut se traduire en français par un palais de roi (palaco de reĝo), un palais du roi (palaco de l’reĝo), le palais de roi (la palaco de reĝo), le palais du roi (la palaco de l’reĝo}, expressions qui offrent chacune un sens différent.

La langue internationale devant se soucier avant tout d’être claire et précise, ne pouvait donc se passer, sans y perdre, de l'article défini. D’ailleurs, les principes logiques sur lesquels nous nous sommes basés pour en régler l’emploi présentent cet avantage d’en restreindre l’usage aux seuls cas nécessaires, et de laisser à l’Esperanto, dans tous les autres, une force et une concision égales à celles du latin : homo venis — trinku vinon, par exemple, ne sont pas moins concis que homo venit — bibe vinum, mais ils sont plus précis. Puis, il ne faut jamais l’oublier, dans une langue internationale, la précision et la clarté valent cent fois la concision. Belle avance, que je sois bref, si je ne suis pas compris, ou si je le suis mal ! Enfin, il est à remarquer que, les langues allant à l’analyse, s’acheminent à l’article. Le latin ne l’avait pas ; tous ses rejetons le possédlent. L’Esperanto, en le prenant, suit donc l’évolution naturelle.

« L’emploi de l’article est le même qu’en français ou