Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/103

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rez au pied d’une montagne très haute ; vous descendrez alors, vous laisserez votre cheval au pied de la montagne et vous monterez jusqu’au sommet. Là, vous verrez un beau château. C’est le château du Soleil. Vous n’aurez qu’à entrer et faire votre commission.

— Merci, grand-père.

Charles monta sur le cheval de bois, qui s’éleva avec lui en l’air, et ils se trouvèrent bientôt au pied de la haute montagne. Charles la gravit seul jusqu'au sommet. Il aperçut alors le palais du Soleil, y entra sans obstacle et demanda :

— Le Soleil est-il à la maison ?

— Non, lui répondit une vieille femme, qui se trouvait là, — sa mère, sans doute ; — que lui voulez-vous ?

— J’ai besoin de lui parler, grand’mère.

— Eh bien ! si vous voulez attendre un peu, il arrivera sans tarder. Mais, mon pauvre enfant, mon fils aura grand’faim, quand il arrivera, et il voudra vous manger. Restez tout de même, car votre mine me plaît, et je l’empêcherai de vous faire du mal.

Bientôt après arriva le Soleil, en criant :

— J’ai faim ! j’ai grand’faim ! ma mère.

— C’est bien, asseyez-vous là, mon fils, et je vais vous donner à manger, lui dit la. vieille.

— Je sens l’odeur de chrétien, mère, et il