Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/125

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Il se mit tout de même en route, à la grâce de Dieu.

Après avoir marché longtemps et traversé bien des pays, il arriva au pied d’une haute montagne, où il vit une vieille femme qui venait de puiser de l’eau à la fontaine, dans une barrique défoncée qu’elle portait sur la tête.

— Où allez-vous ainsi, l’homme ? lui demanda la vieille ; ici, il ne vient pas de gens en vie. Je suis la mère du Diable.

— Eh bien, c’est alors votre fils que je cherche ; conduisez-moi jusqu’à lui, je vous prie.

— Mais, mon pauvre enfant, il te tuera ou t’avalera vivant, quand il te verra.

— Peut-être. Faites que je lui parle, et nous verrons après.

— Tu n’es pas peureux, à ce qu’il paraît ; mais, dis-moi ce que tu as à faire avec mon fils.

— Le roi de France m’a promis de me donner la main de sa fille, si je lui apporte trois poils de la barbe d’or du Diable, et je pense, grand’mère, que vous ne voudrez pas me faire manquer un si beau mariage pour trois poils de barbe.

— Eh bien, suis-moi, et nous verrons ; ta mine me plaît.

Et Charles suivit la vieille, qui le conduisit à un vieux château délabré et tout noir. Aussitôt arrivée, elle se mit à faire des crêpes