Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/160

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en route, laissant à la vieille son chien et son cheval, jusqu’au retour. Il arriva bientôt au bord de la rivière. Le passeur attendait les passants, couché sous un saule, au bord de l’eau. Il le prit sur sa barque et lui demanda, tout en ramant :

— Votre nom, s’il vous plaît, mon brave homme ?

— Le Messager du Diable et le Carillon de l’Enfer, répondit Fleur-d’Épine.

— Vous êtes donc au service du Diable ?

— Oui.

— Eh bien, et moi aussi, et puisque vous allez chez lui, demandez-lui donc pourquoi il me retient ici si longtemps. Voici quatre cents ans que je fais passer les voyageurs d’un côté de la rivière à l’autre, et je suis las de ce métier et voudrais être remplacé, le plus tôt possible, sur mon bateau.

— Je le lui demanderai volontiers, et, au retour, si je retourne jamais, je vous ferai connaître sa réponse.

Une fois rendu de l’autre côté de l’eau, Fleur-d"Épine aperçut le château du géant, au haut d’un rocher escarpé, et il s’y rendit tout droit. Le château était ceint de tous côtés de hautes murailles. Il frappa à la porte, en soulevant à grand'peine le lourd marteau de bronze. La porte s’ou-