Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/193

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ne me prendrez pas une seconde, d’autant plus que vous n’avez profité en rien pour avoir tété les quatorze juments, pendant toute une année.

— Je vous le répète, reprit le poulain, faites ce que je vous dis, et vous n’aurez pas lieu de le regretter.

Riwall finit par céder, et il tua encore les quatorze pouliches, puis il retourna de nouveau à l’école, pendant un an.

Quand il revint en congé pour la troisième fois, les quatorze juments avaient encore eu quatorze pouliches, et le méchant poulain n’avait toujours profité en rien. Il alla à lui, d’assez mauvaise humeur, et lui dit :

— Jamais je n’ai vu pareille chose ! Comment ! tu têtes seul, pendant deux ans consécutifs, quatorze juments, et tu restes chétif et malingre comme te voilà ! Qu’est-ce que cela veut dire ?

— Je vous demande de tuer encore une fois les quatorze pouliches, répondit le poulain.

— Te moques-tu de moi, ou me prends-tu pour un imbécile ?

— Je ne me moque pas de vous et je ne vous prends pas pour un imbécile ; ce sera la dernière fois ; faites comme je vous dis, et vous n’aurez pas lieu de le regretter, je vous le répète.

Après avoir longtemps hésité, Riwall finit par