Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/231

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m’avez fait revenir à la forme humaine, et vous pouvez me délivrer tout-à-fait, avec un peu de courage et de persévérance.

— Que faut-il faire pour cela ? demanda le meunier, étonné.

— Passer trois nuits de suite dans le vieux manoir en ruine que vous voyez là-haut.

— Et qu’y a-t-il là ? Le diable peut-être ?

— Hélas ! ce n’est pas un diable seulement, mais, douze diables, qui vous tourmenteront. Ils vous lanceront plusieurs fois d’un bout à l’autre le la grande salle du manoir et vous jetteront même dans le feu. Ne vous effrayez pas, quoi qu’il puisse vous arriver, et ayez confiance en moi, car j’ai un onguent qui vous conservera en vie et vous guérira, quand bien même tous vos membres seraient rompus et broyés. Fussiez-vous même tué, que je vous ressusciterais. Si vous pouvez souffrir, pour moi, durant ces trois nuits, sans vous plaindre ni prononcer un seul mot, vous ne regretterez pas votre peine, plus tard. Sous la pierre du foyer, il y a, dans le vieux manoir, trois barriques d’or et trois barriques d’argent, et tout cela vous appartiendra, et moi-même par-dessus le marché, si je vous plais. Vous sentez-vous le courage de tenter l’épreuve ?

— Et quand il y aurait cent diables, au lieu de douze, je tenterai l’épreuve, répondit le meunier.