Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/233

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— Le voici, sous le lit !

Et il le prit par un pied et le tira à lui.

— Ah ! meunier, gentil meunier, dit-il en ricanant, tu veux nous enlever la princesse ? Tu aimes les jolies filles, paraît-il ?

Nous allons d’abord jouer à un jeu, mon ami, qui ne sera sans doute pas de ton goût, mais, qui te guérira de la tentation de vouloir enlever des princesses.

Et ils se le jetèrent et rejetèrent, comme une balle, d’un bout à l’autre de la salle. Pourtant, le pauvre meunier ne disait mot. Ce que voyant, ils le jetèrent par la fenêtre dans la cour, et, comme il ne se plaignait ni ne bougeait, ils le crurent mort.

Le coq chanta, en ce moment, annonçant le jour, et ils s’en allèrent aussitôt, comme ils étaient venus, c’est-à-dire par la cheminée.

La princesse vint alors, tenant à la main un petit pot d’onguent, et elle en frotta le meunier, qui se releva et se retrouva aussi bien portant et aussi dispos que devant.

— Vous avez bien souffert, mon ami, lui dit la princesse.

— Oui, j’ai bien souffert, princesse, répondit-il.

— Vous avez encore deux nuits semblables à passer, pour me délivrer de ces méchants diables.

— Il ne fait pas beau délivrer des princesses,