Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/242

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petite vieille, qui avait des dents longues comme le bras.

— Bonsoir, grand’mère, lui dit-il ; auriez-vous la bonté de m’accorder l’hospitalité, pour la nuit ?

— Hélas ! mon enfant, répondit-elle, tu es mal tombé ici, et ce que tu as de mieux à faire, c’est de t’en aller, au plus vite. J’ai trois fils, qui sont des gars terribles, et s’ils te trouvent ici, j’ai grand’peur qu’ils ne te mangent. Va-t’en, te dis-je, car ils ne tarderont pas à arriver.

— Comment s’appellent donc vos fils, grand’mère ?

— Leurs noms sont : Janvier, Février et Mars.

— Vous êtes donc la mère des vents, alors ?

— Oui, c’est moi qui suis la mère des vents ; mais, va-t-en, te dis-je, car ils vont arriver.

— Au nom de Dieu, grand’mère, donnez-moi l’hospitalité et me cachez quelque part où ils ne me trouveront pas.

En ce moment, on entendit un grand bruit, dehors.

— Voilà mon fils aîné, Janvier, qui arrive ! dit la vieille. Comment faire ?... Je dirai que tu es mon neveu, un fils de mon frère, et que tu es venu me rendre visite et faire connaissance avec tes cousins. Dis-leur que ton nom est Yves Pharaon, et sois bien gentil avec eux.

Aussitôt, dégringola par la cheminée un