Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/255

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l’épreuve sera plus pénible. Gardez toujours le silence le plus absolu, quoi qu’il puisse vous arriver, et, plus tard, vous en serez récompensé.

— Je ferai mon possible, répondit Fanch. Et la chèvre partit.

Fanch déjeûna et dîna bien, toujours servi par des mains sans corps ; il passa la journée à se promener par le château et les jardins, sans voir personne, et, après le souper, la même main saisit un chandelier et le conduisit à la même chambre. Cette fois, il se cacha sous le matelas du lit.

— Peut-être ne me trouveront-ils pas ici, se disait-il en lui-même.

Vers minuit, il entendit encore le même vacarme que la nuit précédente.

— Je sens l’odeur de chrétien ! dit une voix.

— Et d’où diable ? dit une autre voix ; tu vois bien qu’il n’y a personne dans le lit ; joue donc, et ne nous parle plus de chrétien.

Et il se mit à jouer aux cartes. Mais, soudain, la même voix cria encore :

— Je vous le répète, camarades, je sens l’odeur de chrétien !

Et il défit le lit et découvrit le pauvre Fanch.

— Quand je vous le disais ! Comment, tu vis encore, ver de terre ? Attends, nous allons en finir avec toi !