Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/335

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quand elle se trouva un jour auprès d’un château, où des servantes étaient à laver du linge, sur un étang. Elle s’arrêta un instant pour les regarder, et entendit une des lavandières qui disait :

— La voici encore, la chemise ensorcelée ! Elle se présente à toutes les buées, et j’ai beau la frotter avec du savon, je ne puis enlever les trois taches de sang qui s’y trouvent ; et demain le seigneur en aura besoin pour aller à l’église, car c’est sa plus belle chemise !

La jeune femme écoutait de toutes ses oreilles. Elle s’approcha de la lavandière qui parlait ainsi, et lui dit :

— Confiez-moi un peu cette chemise, je vous prie ; je pense que je réussirai à faire disparaître les taches.

On lui donna la chemise ; elle cracha sur les taches, la trempa dans l’eau, puis la frotta, et les taches disparurent.

— Je vous remercie, lui dit la lavandière ; allez au château, demandez à loger et tantôt, quand j’arriverai, je vous recommanderai à la cuisinière.

Elle se rendit au château, elle mangea à la cuisine avec les domestiques, et on la fit coucher dans un petit cabinet, tout près de la chambre du seigneur. Tous les lits étaient occupés partout. Vers minuit, le seigneur entra dans sa chambre.