Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/376

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Si le vieux fermier se trouvait dans la gêne, auparavant, à présent, tout allait bien. Aussi, les prétendants ne manquaient pas à ses filles, aux pardons et aux aires-neuves. L’une d’elles se maria, peu après.

— Une de vos sœurs vient de se fiancer, dit un jour l’homme à la marmite à sa femme ; vous irez seule à la noce. On vous demandera de mes nouvelles ; mais, gardez-vous bien de dire que, la nuit, je quitte ma marmite, car, si vous le dites, ce sera pour votre malheur et le mien aussi. Bien qu’absent, si vous le dites, je le saurai tout de suite. Vous irez dans mon carrosse doré, qui sera attelé d’une cavale qui jette le feu par ses narines, et dont le dos ressemble à une lame de couteau ; et c’est sur le dos de cette cavale qu’il vous faudra vous en retourner, si vous révélez mon secret.

La jeune femme promit d’être bien discrète, puis elle monta dans son carrosse doré et se rendit à la noce de sa sœur. Elle était si parée, si belle, qu’il n’y avait là aucune femme qui pût lui être comparée, si bien que toutes étaient jalouses d’elle.

Quand le repas fut terminé, une vieille tante, qui avait bu une petite goutte de trop, vint à et lui dit :

— Dieu, ma nièce, comme vous êtes belle et