Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/379

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— Écoutez-moi bien, alors : il vous faut, à présent, vous mettre toute nue, puis aller vous agenouiller sur les marches de la croix du carrefour. A peine serez-vous là, qu’il pleuvra, il ventera et tonnera, d’une façon effrayante ; mais, n’ayez pas peur et restez, malgré tout, à genoux sur les marches de la croix. Alors, arrivera au galop rouge un cheval blanc, hennissant et faisant grand bruit. Ne vous en effrayez pas : il s’arrêtera un moment auprès de vous. Frappez de la main sur son front et dites : — Seras-tu époux ? Alors, il s’en ira, et un taureau viendra aussitôt, mugissant et faisant un tel vacarme, que la terre en tremblera. Ne vous effrayez pas davantage ; frappez-lui un petit coup sur le front et dites : — Seras-tu frère ? Aussitôt, il partira aussi, et sera remplacé par une vache noire, qui fera plus de bruit et de vacarme que le cheval blanc et le taureau ensemble. Mais, ne vous effrayez toujours pas ; elle s’arrêtera, comme les autres, un moment auprès de vous et vous lui frapperez un petit coup de la main sur le front, en disant : — Seras-tu mère ?

Si vous avez assez de courage pour faire tout cela, alors vous pourrez encore me délivrer, et vous serez sauvée vous-même.

— Je le ferai ! répondit la jeune femme.

Et elle se mit toute nue, elle alla s’agenouiller