Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/455

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— Hélas ! c’est vrai, je l’ai promis, s’écria le malheureux père, les larmes aux yeux ; mais, songez aussi à ce que j’ai fait pour vous, quand votre cadavre avait été livré en pâture aux chiens, et ayez pitié de moil...

— Je réclame ce qui m’est dû, une moitié de votre fils, comme vous me l’avez promis.

— Jamais je ne permettrai que mon fils soit partagé en deux, emportez-le plutôt tout entier ! s’écria la mère.

— Non, j’en veux la moitié seulement, selon nos conventions.

— Hélas ! je l’ai promis et je dois tenir ma parole, dit Iouenn, en sanglotant et en se couvrant les yeux de sa main.

L’enfant fut alors déshabillé tout nu et étendu sur le dos, sur une table.

— Prenez maintenant un couteau, Iouenn Kerménou, et taillez-moi ma part, dit l’homme mort.

— Ah ! je voudrais être encore sur le rocher aride, au milieu de la mer ! s’écria le malheureux père.

Et, le cœur brisé de douleur, il leva le couteau sur son enfant, en détournant la tête. L’autre lui cria, en ce moment :

— Arrête ! ne frappe pas ton enfant, Iouenn Kerménou ! Je vois clairement, à présent, que tu