Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/96

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tiguait pas non plus, — il arrive enfin dans son pays. Il se rend à l’endroit où il s’attend à retrouver la maison de son père, et est bien étonné d’y trouver une prairie avec des hêtres et des chênes fort vieux.

— C’est pourtant ici, ou je me trompe fort, se disait-il.

Il entre dans une maison, non loin de là, et demande où demeure Iouenn Dagorn, son père.

— Iouenn Dagorn ?... Il n’y a personne de ce nom par-ici, lui répond-on.

Cependant un vieillard, qui était assis a foyer, dit :

— J’ai entendu mon grand-père parler d’un Iouenn Dagorn ; mais, il y a bien longtemps qu’il est mort, et ses enfants et les enfants de ses enfants sont également tous morts, et il n’y a plus de Dagorn dans le pays.

Le pauvre Yvon fut on ne peut plus étonné de tout ce qu’il entendait, et, comme il ne connaissait plus personne dans le pays et que personne ne le connaissait, il se dit qu’il n’avait plus rie y faire, et que le mieux était de suivre ses parents où ils étaient allés. Il se rendit donc au cimetière et vit la leurs tombes, dont quelques-unes dataient déjà de trois cents ans.

Alors, il entra dans l’église, y pria du fond de son cœur, puis mourut sur la place, et alla