Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/108

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


l’évêque, quand il fut introduit en sa présence, car il ne le reconnaissait point.

— Je viens vous demander les Ordres sacrés, Monseigneur.

— C’est fort bien, mais, il faut voir d’abord ce que vous savez.

— Je suis tout prêt ; voici mon livre.

Et il présenta son Abécédaire à l’évêque.

— C’est là votre livre ? lui demanda le prélat, étonné, et persuadé, alors, qu’il avait affaire à un pauvre innocent (idiot).

— Oui sûrement, Monseigneur, c’est là mon livre.

— Et vous n’en avez pas d’autre ?

— Je n’en ai jamais eu d’autre.

— C’est bien ; allez chercher un logement en ville, puis venez souper avec moi, à six heures, ce soir.

Le jeune homme s’assura d’un logement, pour la nuit, puis, à six heures sonnant à la cathédrale, il revint à l’évêché. L’évêque, qui voulait s’amuser à ses dépens, avait invité à souper ses chanoines et plusieurs notables de la ville. Quand tous les invités furent arrivés, chacun prit sa place à table, et notre gars s’aperçut alors qu’il n’en restait aucune pour lui. Il ne se déconcerta pas pour si peu, et, prenant un tabouret, il s’assit à une petite table, qui était dans un coin de la salle,