Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/117

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Et le docteur, toujours debout sur le seuil de la porte, montrait son ombre, qui se projetait dans le cabinet, et qui, s’y trouvant la dernière, devait rester au maître du château. Celui-ci, se voyant joué, poussa un cri terrible, et, dans sa rage, il se jeta sur l’ombre et la retint. Coathalec partit, en riant aux éclats, mais il n’avait plus d’ombre ! Il se rendit au carrefour et y trouva le Drégon qui l’attendait. Celui-ci fut bien content de le revoir. Il commença par lui demander :

— Rapportez-vous l’argent de nos gages ?

— Ma foi non, j’ai oublié de le réclamer ; mais, ne vous en inquiétez pas, je saurai bien le rattraper encore ; donnez-moi votre baguette.

Et il prit la baguette blanche des mains de le Drégon, en traça un demi-cercle contre la croix, prononça quelques paroles, à voix basse, et aussitôt le maître du château apparut dans le demi-cercle et dit :

— Que me veux-tu ?

— Il me faut, pour mon camarade, un bon cheval, qui n’ait jamais besoin de manger, puis de beaux habits qui ne s’usent jamais, et enfin les cent écus de ses gages.

— Ta ! ta ! ta ! fit l’autre.

— Si tout cela n’est pas rendu ici, quand j’aurai fini de bourrer ma pipe, nous verrons... Et le docteur se mit à bourrer sa pipe tranquillement.