Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/123

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


si grosse, qu’il ne put jamais la rentrer, malgré tous ses efforts.

Le docteur Coathalec continua sa route. Au point du jour, quand il repassa, son confrère avait encore sa grosse tête dehors, et il pleurait et criait comme un âne.

— Eh bien ! docteur Coatarstang, lui cria-t-il, n’est-il pas encore temps d’aller se coucher ?

— Pardon ! pardon ! grand docteur Coathalec ; mettez un terme à mon supplice, je vous en supplie !

— Allez-vous coucher, docteur Coatarstang, et, une autre fois, ne soyez pas si indiscret, car vous n’êtes qu’un âne.

Et le docteur Coathalec étendit sa baguette vers son piteux confrère, prononça quelques paroles, et aussitôt sa tête se désenfla, et il put la retirer de la fenêtre [1]. Et dans la suite, il se souvint de la leçon, et il n’essaya plus d’arrêter Coathalec, quand il passait.

Cependant Coathalec continua ses visites à la fille du roi d’Angleterre. Un jour, il demanda sa main à son père, qui le refusa net. Alors, le docteur l’enleva et partit avec elle, A travers l’air, sa route ordinaire, pour son manoir de Kerméno.

  1. Dans une autre version, ce sont des cornes qui lui poussent sur le front, et si longues, qu’il ne peut rentrer sa tête.