Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/124

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Le roi anglais, outré de colère, vint bientôt à Plougonver-Chapelle-Neuve, avec une armée, pour arracher sa fille au magicien. Il demanda où demeurait le docteur Coathalec, et on le conduisit à Kerméno, De l’avenue du manoir, il aperçut le docteur et sa fille, à une fenêtre, riant et s’embrassant. Furieux, il envahit le manoir avec ses soldats. Mais, ils eurent beau chercher et fouiller partout, ils ne purent trouver ni la princesse, ni son ravisseur. Ils revinrent alors dans l’avenue, et les virent encore qui s’embrassaient, à la même fenêtre, et semblaient les narguer. Ils coururent de nouveau au manoir ; mais toutes leurs recherches furent aussi inutiles que la première fois. Trois fois, ils recommencèrent leurs perquisitions, et toujours en vain. Comprenant alors qu’il y avait de la magie dans l’affaire, et qu’on se moquait de lui, le roi d’Angleterre retourna, tout honteux, dans son royaume.

Le docteur Coathalec, pendant que le roi le recherchait à Kerméno, avait conduit la princesse au bourg de Plougonver, par un souterrain, qu’il avait fait creuser depuis le manoir jusqu’à l’église, et le recteur de la commune les maria devant Dieu et devant les saints, comme tous les bons chrétiens.

Quelque temps après, le docteur, qui étudiait toujours, crut avoir trouvé le moyen de s'incar-