Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/135

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Vous me connaissez donc ? lui demanda le prince, étonné.

— Oui, je vous connais et je sais même où vous allez et ce que vous cherchez : Votre père vous a dit, à vous et à vos deux frères, qu’il cédera sa couronne avec son royaume à celui de vous trois qui lui rapportera la plus belle pièce de toile, et vous vous êtes mis en route tous les trois à la recherche de la belle toile ; n’est-ce pas vrai ?

— C’est bien vrai, répondit Alain, de plus en plus étonné.

— Eh bien ! vos deux frères sont allés voir leurs maîtresses, et ils mènent joyeuse vie avec elles, sans se soucier de la recherche des belles toiles. Vous, qui n’avez pas de maîtresse, vous vous êtes mis résolument en route et vous méritez de réussir. Venez avec moi à mon château et je vous conseillerai.

Alain la suivit jusqu’à ce qu’elle appelait son château, et qui n’était qu’une misérable hutte de terre et d’argile. Il y resta quelque temps avec elle, et, avant son départ, elle lui remit une petite boîte, pas plus grande que le poing, et lui dit :

— Le moment est arrivé de vous en retourner chez vous ; prenez cette boite et présentez-vous avec confiance devant votre père.